Soumettre (verbe)
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
(Il se conjugue comme METTRE.) Réduire, ranger sous la puissance, sous l'autorité, mettre dans un état de dépendance. "Soumettre à l'obéissance d'un souverain. Soumettre une province à ses lois, à son empire. Soumettre tout un pays. Soumettre les rebelles. Après une longue résistance, les provinces révoltées se soumirent."
Il s'emploie aussi figurément et signifie Subordonner. "Un projet qui reste soumis aux circonstances. Je soumets cette proposition à votre agrément. L'Écriture oblige les hommes à
"Soumettre ses idées à celles de quelqu'un," Subordonner ses idées à celles d'un autre, être prêt à s'en désister, s'il y est contraire. "Je soumets dans cette affaire mes idées aux vôtres." On dit dans le même sens : "Soumettre ses lumières, ses opinions, ses sentiments à ceux d'autrui."
"Soumettre une chose au jugement, à la critique de quelqu'un," S'engager à déférer au jugement qu'il en portera. "Je vous prie de lire toute la pièce, je la soumets à votre jugement. Se
"Se
"Se
SOUMETTRE signifie encore, figurément, Remettre, livrer à l'examen, à la décision de quelqu'un. "Soumettre une chose à quelqu'un, à l'attention de quelqu'un. Permettez-moi de vous
"Soumettre une question à l'examen," La considérer en détail, pour la juger.
"Soumettre une chose à l'analyse," L'analyser, la décomposer, pour connaître de quels éléments elle est formée.
Le SOUMIS signifie adjectivement Qui est disposé à l'obéissance ou qui en a pris le parti après avoir résisté. "Des sujets soumis. Un fils soumis et respectueux. Les tribus, hier encore rebelles, et maintenant soumises." On dit, dans un sens analogue : "Un air soumis, des paroles soumises."
"Fille soumise," Prostituée inscrite à la police.
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Mettre sous la puissance, sous l'autorité ; mettre dans un état de dépendance.
RACAN: « Ta main qui nous soumet sous le pouvoir suprême De ceux que la naissance orne du diadème »
BOSSUET: « Je suis le Seigneur.... et maintenant j'ai voulu
BOSSUET: « Les guerres continuent, et les Romains soumettent après cinq cents ans les Gaulois cisalpins leurs principaux ennemis, et toute l'Italie »
LESAGE: « La fortune, qui voulait leur faire éprouver toute sa rigueur, soumit don Fadrique au corsaire de Tunis et don Juan à celui d'Alger »
MONTESQ.: « Il ne faut pas croire que ce fut par modération qu'Attila laissa subsister les Romains ; il suivait les moeurs de sa nation, qui le portaient à
VOLT.: « Cortez soumet le puissant empire du Mexique »
Se
ROTROU: « Soumettez-vous les lieux que dore le Pactole »
2 Il se dit des femelles mises sous le mâle.
BONNET: « Pourquoi donc le cerf et le chevreuil d'Angleterre usent-ils de violence pour se
3 Fig. Faire obéir, en parlant de choses abstraites.
BOSSUET: « Il [le livre de l'Écriture] veut obliger les hommes à
RAC.: « Jules, qui le premier la soumit [la liberté] à ses armes, Qui fit taire les lois dans le bruit des alarmes.... »
RAC.: « Soit qu'à tant de bienfaits ma mémoire fidèle Lui soumette [à Agrippine] en secret tout ce que je tiens d'elle »
MONTESQ.: « Le christianisme nous donne l'habitude de
J. J. ROUSS.: « Pour vous
J. J. ROUSS.: « Ils ont beau me crier : soumets ta raison, autant m'en peut dire celui qui me trompe ; il me faut des raisons pour
4 Soumettre à, suivi d'un infinitif, dans le sens de contraindre à.
BACHAUM.: « Il est question de
5 Fig. Il se dit de l'acte de déférence à la décision de quelqu'un. Soumettre une chose au jugement, à la censure, à la critique de quelqu'un.
CORN.: « Je soumets tout ce que j'ai fait et ferai à l'avenir à la censure des puissances tant ecclésiastiques que séculières, sous lesquelles Dieu me fait vivre »
PASC.: « Si on soumet tout à la raison, notre religion n'aura rien de mystérieux et de surnaturel ; si on choque les principes de la raison, notre religion sera absurde et ridicule »
Soumettre ses idées à celles d'un autre, les subordonner à celles d'un autre.
MAINTENON: « Je sais combien je dois
On dit dans le même sens :
Soumettre une chose à quelqu'un, à l'attention, à l'examen de quelqu'un, appeler l'attention de quelqu'un sur une chose, la lui faire examiner. Permettez-moi de vous
VOLT.: « Je pourrai bien me repentir de mon oeuvre [Tancrède] comme Dieu ; mais je ne me repentirai pas de l'avoir soumise à vos lumières et à vos bontés »
C. DELAV.: « J'ai voulu vous
6 Fig. Il se dit des moyens logiques qu'on emploie pour juger quelque chose. Soumettre une question à l'examen.
Soumettre une chose au calcul, la déterminer à l'aide du calcul.
Soumettre une chose à l'analyse, l'analyser, la décomposer, pour connaître de quels éléments elle est formée.
7 Faire subir une opération, pour analyser, disséquer.
BUFF.: « Nous avons nourri l'un de ces animaux pendant quelques mois pour l'observer, et ensuite on l'a soumis à la dissection.... »
THENARD: « Quand on soumet le peroxyde à l'action de la pile, comme on y soumet l'eau »
8 Se
PASC.: « La raison ne se soumettrait jamais, si elle ne jugeait qu'il y a des occasions où elle se doit
BOSSUET: « La reine se soumit plus que jamais à cette main souveraine qui tient du haut des cieux les rênes de tous les empires »
BOSSUET: « Dieu même a mis en nous quelque chose qui peut se
MALEBR.: « Il faut se
BACHAUM.: « M. de Voltaire, à mesure qu'il avance l'ouvrage [Commentaire sur Corneille], en envoie les cahiers à l'Académie française ; il se soumet au jugement de cette compagnie, qui trouve jusqu'à présent plus à admirer qu'à critiquer »
Se
Absolument. Se
BOSSUET: « Bérenger se soumit ; et le premier qui fit une secte de l'hérésie des sacramentaires fut aussi le premier qui la condamna »
BOSSUET: « Demandez à ceux qui ont dans le coeur quelque passion violente, s'ils conservent quelque fierté en présence de ce qu'ils aiment ; on ne se soumet que trop, on n'est que trop humble »
MONTESQ.: « Tu as eu longtemps l'avantage de croire qu'un coeur comme le mien s'était soumis »
CONDIL.: « Aimons la vérité qui gêne ; adorons-la, et soumettons-nous »
RICCOBONI: « Vous n'avez payé ma tendresse d'aucun retour, vous vous êtes soumise, et ne vous êtes jamais donnée »
Se
CORN.: « Valens : L'impérieuse humeur ! vois comme elle me brave, Comme son fier orgueil m'ose traiter d'esclave ! - Paulin : Seigneur, j'en suis confus, et vous le méritez ; Au lieu d'y résister, vous vous y soumettez »
BOSSUET: « La princesse Anne renonça à tous les jeux même les plus innocents, se soumettant aux sévères lois de la pénitence chrétienne »
Se
SYNONYME
SOUMETTRE, SUBJUGUER. Il y a dans subjuguer le mot joug qui donne à subjuguer une idée plus dure qu'à
HISTORIQUE
XIIème siècle
Liber psalm. p. 222: E en lui medesme esperai, chi suzmet mun pople suz mei
ib. p. 8: Tutes choses tu suzmisis suz ses piez
Th. le mart. 33: Jà puisqu'il [le clerc] est sacrez, n'est à vos leis suzmis
XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Li autre, par lor orgoil, sozmetoient les plus foibles au joug de servage »
Psautier, f° 44: Soies souzmis à nostre Seigneur en simplece
XVème siècle
FROISS.: « Le jeune duc de Savoye mourut en celui an assez merveilleusement ; dont depuis il fut grand question, et en vouloit on sousmettre [accuser] messire Othe de Grantson »
MONSTRELET: « Afin que les Liegeois dessus dits et leur evesque se voulsissent
XVIème siècle
MONT.: « Je soubmets ces questions au jugement de ceux à qui... »
ÉTYMOLOGIE
Provenç. sobmetre, sotzmetre ; catal. sometrer ; espagn. someter ; portug. sometter ; ital. sottomettere ; du lat. submittere, de sub, sous, et mittere, mettre.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
(Il se conjugue comme "Mettre.") Réduire, ranger sous la puissance, sous l'autorité, mettre dans un état d'abaissement et de dépendance. "Soumettre à l'obéissance d'un souverain. Soumettre une province à ses lois, à son empire. Soumettre les rebelles. Soumettre sa raison à la foi." On l'emploie souvent avec le pronom personnel. "Se
"Se
"Se
"Soumettre ses idées à celles de quelqu'un," Subordonner ses idées à celles d'un autre, être prêt à s'en désister, s'il y est contraire. "Je soumets dans cette affaire mes idées aux vôtres." On dit dans le même sens, "Soumettre ses lumières, ses opinions, ses sentiments à ceux d'autrui."
"Soumettre une chose au jugement, à la censure, à la critique de quelqu'un," S'engager à déférer au jugement qu'il en portera. "Je vous prie de lire toute la pièce, je la soumets à votre jugement. Se
"Soumettre une chose à quelqu'un, à l'attention, à l'examen de quelqu'un," Appeler l'attention de quelqu'un sur une chose, la lui faire examiner. "Permettez-moi de vous
"Soumettre une question à l'examen," La considérer en détail, pour la juger. "Soumettre une chose au calcul," La déterminer, la fixer à l'aide du calcul. "Il y a des questions qu'on ne peut pas
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
(Il se conjugue comme "Mettre".) Réduire, ranger sous la puissance, sous l'antorité, mettre dans un etat d'abaissement et de dépendance. "Soumettre à l'obéissance d'un Souverain. Soumettre une Province à ses Lois". "à son Empire. Se
On dit. "Soumettre une question à l'examen, " pour dire, La considérer en detail, s'assurer de la vérité. On dit aussi "Soumettre au calcul," pour, Vérifier à l'aide du calcul; et au même sens, "Soumettre à l'analyse".
On dit, "Se
On dit aussi, "Se
On dit encore, "Soumettre une chose au jugement, à la censure, à la critique de quelqu'un," pour dire, S'engager à déférer au jugement qu'il en portera. "Je vous prie de lire toute la pièce, je la soumets, je me soumets à votre jugement. Se
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
(Il se conjugue comme "Mettre.") Réduire, ranger sous la puissance, sous l'autorité, mettre dans un état d'abaissement & de dépendance. "Soumettre à l'obéissance d'un Souverain. Soumettre une Province à ses" "Lois, à son Empire. Se
On dit, "Se
On dit aussi, "Se
On dit encore, "Soumettre une chose au jugement, à la censure, à la critique de quelqu'un," pour dire, S'engager à déférer au jugement qu'il en portera. "Je vous prie de lire toute la pièce, je la soumets, je me soumets à votre jugement. Se
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
SOUMISSION, s. f. ["Sou-mètre", "mi-cion"; en vers, "ci-on". 2e "è" moy. au 1er.] "Soumettre" se conjugue comme "mettre". = Réduire sous la puissance ou l'autorité. '"Soumettre à" l'obéissance, "aux" lois, "à" l'empire de, "etc." '"Soumettre sa" raison "à" la Foi. '"Se
SOUMISSION, déférence respectueuse. 'Avoir "de la soumission" pour ses Supérieurs. '"La soumission à" la volonté de Dieu. = Au plur. "respects". 'Il exige "de" grandes "soumissions". = "Satisfactions". 'Le Roi reçut "ses soumissions" avec bonté.
REM. "Soumission" régit ordinairement la prép. "à": mais avec le verbe "avoir", il régit "pour". '"La soumission qu'"elles "avoient eue à" la juridiction du Légat. "Hist. des Tud." Cette phrâse est toute anglaise":" ni "à", ni "pour", n'y vaudraient rien. Il falait dire: le respect avec lequel elles "s'étaient soumises à" la juridiction, "etc."
Emplacement dans le dictionnaire :
| soulever souleveur soulier soulière souligné soulignement souligner | souligneur soulte ou soute soumis soumission soumissionner soupape | soupçon soupçonné soupçonner soupçonneur soupçonneux soupé soupe |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)...vont suivre : la science, ici comme ailleurs, suppose une entière liberté d'esprit. Il faut se défaire de ces manières de voir et de juger qu'une longue accoutumance a fixées en nous ; il faut se soumettre rigoureusement à la discipline du doute méthodique. Ce doute est, d'ailleurs, sans danger ; car il porte, non sur la réalité morale, qui n'est pas en question, mais sur l'explication qu'en donne une...
Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...celles de son emploi. Un fait entre autres rend sensible cet état de l'opinion, c'est le caractère de plus en plus spécial que prend l'éducation. De plus en plus nous jugeons nécessaire de ne pas soumettre tous nos enfants à une culture uniforme, comme s'ils devaient tous mener une même vie, mais de les former différemment en vue des fonctions différentes qu'ils seront appelés à remplir. En un mot,...
Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...mais se réduit à une simple remise en état. une souffrance proportionnée à son méfait n'est pas infligée à celui qui a violé le droit ou qui le méconnaît ; il est simplement condamné à s'y soumettre. S'il y a déjà des faits accomplis, le juge les rétablit tels qu'ils auraient dû être. Il dit le droit, il ne dit pas de peines. Les dommages-intérêts n'ont pas de caractère pénal ; c'est seulement...
Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...conséquent, la conscience. Il est tellement convaincu de la vanité de la réflexion quand elle s'applique à de telles matières, qu'il veut les soustraire même à celle du législateur, bien loin de les soumettre à l'opinion commune. Il estime que la vie sociale, comme toute vie en général, ne peut s'organiser naturellement que par une adaptation inconsciente et spontanée, sous la pression immédiate des...
Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...héréditaire, il faut y ajouter beaucoup plus qu'autrefois. En effet, à mesure que les fonctions se sont spécialisées davantage, des aptitudes simplement générales n'ont plus suffi. Il a fallu les soumettre à une élaboration active, acquérir tout un monde d'idées, de mouvements, d'habitudes, les coordonner, les systématiser, refondre la nature, lui donner une forme et une figure nouvelles. Que l'on...
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